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Modérateur : FARModérateurs

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par PhL
#453493
Je ne sais pas comment vous interprétez ce changement de pied mais pour ce qui me concerne je pense que c'est un changement majeur, je dirais même historique, dans l'histoire des relations (je t'aime moi non plus) entre Alpine et Renault.
Du coup, je ne résiste pas au plaisir de régler (à mon petit niveau) quelques comptes....

Pendant des décennies Renault a utilisé les succès d'Alpine en compétition dans ses publicités mais avec modération et retenue comme s'il s'agissait d'un résultat obtenu par une entité qui ne pouvait être totalement assimilé à la (soi-disant) prestigieuse régie nationale Renault, dirigée depuis l'annexion de la société privée Renault par des technocrates politicards (Ghosn en étant le parfait exemple contrairement à Carlos Tavares) qui n'ont jamais su ce qu'était vraiment le monde de l'automobile, son histoire et ce que doit être une automobile telle que la veut le client et non pas telle que Renault veut l'imposer à ce même client, comme il le faisait en 1950...

En fait, Renault se réservait les épreuves qu'elle jugeait beaucoup plus prestigieuses comme le Mans (gagné en 1978 en bonne partie grâce aux compétences de l'équipe Alpine, sauf le moteur) et la formule 1.
Un détail significatif : Renault n'a même pas invité Jean Rédélé à l'Elysée pour la célébration de la victoire de la Renault-Alpine au Mans, plus minable et mesquin, tu meurs...

Renault (en fait surtout le sieur Castaing) a laissé Gordini se planter avec un moteur V8 d'ancienne génération alors qu'ils avaient autre chose dans les cartons, j'ai lu ainsi avec tristesse et dégoût (dans Mille Milles) une interview qui montrait le mépris et la suffisance de Mr Castaing vis à vis d'Amédée.

Pour résumer, le nom Alpine faisait plutôt de l'ombre à Renault tandis que Porsche n'a jamais fait d'ombre à Volkswagen
On peut se demander ce que les allemands aurait fait avec Alpine, mais certainement pas le gros caca réalisé de main de maître par Renault

Jean Rédélé était plus Renault que Renault qu'il avait dans le sang et avait tout ce qui manquait (la classe, l'allure, l'entregent, la vision et la réussite) aux dirigeants de Renault qui l'enviaient et le jalousaient, mais eux avaient le pouvoir.

Il a fallu l'arrivée d'un italien à la tête de Renault pour qu'enfin une symbiose réelle s'effectue entre les 2 noms au plus haut niveau, Alpine devenant enfin ce qu'elle aurait toujours dû être, à savoir le porte étendard de la Régie et non pas seulement son faire-valoir.
Ceci arrivant juste après qu'un petit technocrate froid et ignare ait décidé de passer Alpine définitivement à la trappe, ultime démonstration de ce que j'ai évoqué ci-dessus, à savoir l'arrogance alliée à l'impéritie.

Comme quoi le pire n'est pas toujours sûr et démontre finalement que le nom et l'aura d'Alpine ne sont pas près de s'éteindre....

Joël Favé Lesage
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par John Luke
#453577
Bonjour à tous et toutes les farnautes !

Très bien résumé Joël !

Certes il a été dommage qu' au cours de l' histoire de Renault, un PDG
ait pu considérer Alpine comme une marque d' autoradio et la laisser
s' endormir pendant de longues décennies sans croire au potentiel
de cette marque !

Le principal c' est son renouveau assuré ! :)
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par Seitert Patrick
#453580
Quel bonheur de lire JFL.
Pour moi au départ une confusion puisque le post est ouvert au nom de PhL, sans présentation de la suite. Donc j'ai pensé dans un premier temps lire la prose de mon ami PhL en me disant qu'il lisait dans mes pensées car c'est ce que j'écris depuis des années sur la relation difficile du coupe Renault - Alpine. C'est seulement en conclusion qu'on découvre le véritable auteur JFL qui avoue vouloir régler quelques comptes.
Merci Joel de parler pour tous les vrais passionnés d' Alpine.
Pendant les années glorieuses, à l'époque des relations cordiales entre Pierre Dreyfus et Jean Rédélé, la marque de Dieppe était en quelque sorte le bras séculier de la RNUR pour la compétition tant en rallye qu'en circuit. A partir de la création de Renault Sport avec reprise de l'usine Gordini de Viry Chatillon, le rachat d'Alpine par Renault, l'investissement en Formule 1 et aux 24 H du Mans avec abandon des rallyes, Alpine a été mis au placard.
Mais tout ceci est beaucoup mieux expliqué plus haut par Joel Favé Lesage qui a droit à l'admiration des populations laborieuses en général et de la Farnautie en particulier.
Modifié en dernier par Seitert Patrick le 11-sept.-2020 10:28, modifié 1 fois.
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par T Falsetti
#453583
Seitert Patrick a écrit :Quel bonheur de lire JFL.
Pour moi au départ une confusion puisque le post est ouvert au nom de PhL, sans présentation de la suite. Donc j'ai pensé dans un premier temps j'ai crû lire la prose de mon ami PhL en me disant qu'il lisait dans mes pensées car c'est ce que j'écris depuis des années sur la relation difficile du coupe Renault - Alpine. C'est seulement en conclusion qu'on découvre le véritable auteur JFL qui avoue vouloir régler quelques comptes.
Merci Joel de parler pour tous les vrais passionnés d' Alpine.
Pendant les années glorieuses, à l'époque des relations cordiales entre Pierre Dreyfus et Jean Rédélé, la marque de Dieppe était en quelque sorte le bras séculier de la RNUR pour la compétition tant en rallye qu'en circuit. A partir de la création de Renault Sport avec reprise de l'usine Gordini de Viry Chatillon, le rachat d'Alpine par Renault, l'investissement en Formule 1 et aux 24 H du Mans avec abandon des rallyes, Alpine a été mis au placard.
Mais tout ceci est beaucoup mieux expliqué plus haut par Joel Favé Lesage qui a droit à l'admiration des populations laborieuses en général et de la Farnautie en particulier.


:hello:

Pour moi aussi confusion :oops:
J'ai donc mis en citation le texte de JFL :sleep:
par Vic
#453662
Dire que sous la présidence de Pierre Dreyfus (1955-1975) "Alpine était le bras séculier de la RNUR" est aller un peu vite en besogne. Voilà par exemple ce qu’écrit Jacques Cheinisse dans son livre Alpine-Renault La Gagne !, page 59, à propos de l’année 1965 :
C’est à partir de cette époque qu’une certaine rivalité s’est développée entre le service course de Renault sous la direction de Jacques Féret, qui alignait les R8 Gordini, et l’écurie Alpine qui alignait les Berlinettes : à mécanique identique, nous avions l’avantage du poids et Renault avait beau faire faire des caisses de R8 en aluminium, à prix d’or, les résultats étaient souvent favorables à Alpine, si bien qu’on en vint à cette situation bizarre où le service course de Renault se mit à aligner aussi des Berlinettes achetées puis préparées par leurs soins. Bonjour l’ambiance !

Quant à "l’histoire des relations (je t’aime moi non plus) entre Alpine et Renault", Jacques Cheinisse lui règle son compte en fin d’ouvrage, page 249 :
Les "fanas" du A fléché reprochent souvent à Renault d’avoir tué la marque qu’ils admirent tant. Ils ont en grande partie tort, car depuis 1973 où la Grande Maison a pris le contrôle de la Petite, Renault a investi plusieurs centaines de millions de francs pour donner une suite à la A 310. Ce fut la GTA atmo puis turbo, puis la GTA US destinée au marché américain, à 70 % spécifique puis, enfin, la A 610. Si ces autos n’ont pas rencontré un gros succès commercial, c’est la conséquence d’une suite de petites erreurs qui touchaient le produit, la communication, la commercialisation, mais en aucun cas, un désintérêt délibéré de Renault.

On ne peut pas être plus clair
Vic
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par Seitert Patrick
#453682
Effectivement Vic, mon commentaire aurait dû être plus nuancé , car comme toujours tout n'est pas noir , tout n'est pas blanc !
merci d'avoir apporter cet éclairage.
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par John Luke
#453690
Bonjour les farnautes !

Si toutes les GTAs et A610 n’ont pas rencontré un gros succès commercial,
c' est à cause de mauvais choix marketing de la direction d' une part, mais
également et surtout à cause de cette stupide presse de l' époque qui au lieu
de vanter les bonnes qualités de ces voitures ne pensaient qu' à les dénigrer ! :(
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par André de Loecker
#453694
John Luke a écrit :Bonjour les farnautes !

Si toutes les GTAs et A610 n’ont pas rencontré un gros succès commercial,
c' est à cause de mauvais choix marketing de la direction d' une part, mais
également et surtout à cause de cette stupide presse de l' époque qui au lieu
de vanter les bonnes qualités de ces voitures ne pensaient qu' à les dénigrer ! :(


:hello: je suis assez d'accord avec toi , et je ne comprendrai jamais une certaine partie de tes compatriotes qui s'ingénie à dénigrer ce que leur industrie fabrique , ce comportement rappelle exactement ce que dit l'adage , que l'herbe est toujours plus verte , dans le pré d'à côté :thinking:
André
par Tangleding
#453859
Vic a écrit :Dire que sous la présidence de Pierre Dreyfus (1955-1975) "Alpine était le bras séculier de la RNUR" est aller un peu vite en besogne. Voilà par exemple ce qu’écrit Jacques Cheinisse dans son livre Alpine-Renault La Gagne !, page 59, à propos de l’année 1965 :
C’est à partir de cette époque qu’une certaine rivalité s’est développée entre le service course de Renault sous la direction de Jacques Féret, qui alignait les R8 Gordini, et l’écurie Alpine qui alignait les Berlinettes : à mécanique identique, nous avions l’avantage du poids et Renault avait beau faire faire des caisses de R8 en aluminium, à prix d’or, les résultats étaient souvent favorables à Alpine, si bien qu’on en vint à cette situation bizarre où le service course de Renault se mit à aligner aussi des Berlinettes achetées puis préparées par leurs soins. Bonjour l’ambiance !

Quant à "l’histoire des relations (je t’aime moi non plus) entre Alpine et Renault", Jacques Cheinisse lui règle son compte en fin d’ouvrage, page 249 :
Les "fanas" du A fléché reprochent souvent à Renault d’avoir tué la marque qu’ils admirent tant. Ils ont en grande partie tort, car depuis 1973 où la Grande Maison a pris le contrôle de la Petite, Renault a investi plusieurs centaines de millions de francs pour donner une suite à la A 310. Ce fut la GTA atmo puis turbo, puis la GTA US destinée au marché américain, à 70 % spécifique puis, enfin, la A 610. Si ces autos n’ont pas rencontré un gros succès commercial, c’est la conséquence d’une suite de petites erreurs qui touchaient le produit, la communication, la commercialisation, mais en aucun cas, un désintérêt délibéré de Renault.

On ne peut pas être plus clair
Vic

Merci pour ces deux extraits très intéressants. C'était à peu près mon sentiment, s'agissant de la relation entre Alpine et Renault.
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par John Luke
#453952
André de Loecker a écrit :
John Luke a écrit :Bonjour les farnautes !

Si toutes les GTAs et A610 n’ont pas rencontré un gros succès commercial,
c' est à cause de mauvais choix marketing de la direction d' une part, mais
également et surtout à cause de cette stupide presse de l' époque qui au lieu
de vanter les bonnes qualités de ces voitures ne pensaient qu' à les dénigrer ! :(


:hello: je suis assez d'accord avec toi , et je ne comprendrai jamais une certaine partie de tes compatriotes qui s'ingénie à dénigrer ce que leur industrie fabrique , ce comportement rappelle exactement ce que dit l'adage , que l'herbe est toujours plus verte , dans le pré d'à côté :thinking:
André


Bonjour André !

Eh oui c' est ce l' on appelle le pur état d' esprit des gaulois qui se déchiraient entre eux plutôt
que de s' associer !
2000 ans après cette mentalité est restée bien ancrée dans les gênes des habitants de ce pays !! :(
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par Manfred
#453989
A l'époque, et dès l'a310 v6, les propriétaires d' A110 n'étaient pas tendre avec les créations alpine. Et quand alpine a sorti la v6gt et la v6 Turbo, ces mêmes propriétaires d'a110 disaient déjà " ça n'est plus une alpine, c'est une Renault".
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par John Luke
#454042
Bonjour !

Certes, certes Manfred, mais personnellement j' ai connu pas mal de propriétaires d' A110
qui critiquaient les nouvelles voitures sans les avoir bien souvent essayées et
encore moins s'être assis tout simplement à leurs volants !
Certains qui étaient très critiques redécouvrent actuellement ces GTs d' un autre oeil en disant
qu' ils étaient passés à côté de très bonnes voitures !

Les A310 / V6 et GTA étaient trop Renault côté habitacles, mais c' étaient avant tout
de très bonnes Alpine tout de même !

Les dernières voitures d' un pure esprit Alpine étaient pour moi les A310 / 4 cylindres plus
belles extérieurement, intérieurement et bien équilibrées pour la conduite par rapport aux V6 !

A cette époque, il aurait fallu continuer de faire évoluer l' A110 en parallèle pour avoir une bonne gamme
de voitures sportives et GTs portant le logo Alpine au lieu de Renault et en les présentant dans une vitrine
spéciale chez chaque concessionnaire.

Mais on ne refera pas l' histoire et le principal a été le renouveau de notre marque nationale ! :wink:
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par Seitert Patrick
#454108
Personnellement j'ai suivi l'évolution A110, en possédant A310 V6, GTA et enfin A610. J'ai toujours considéré que ces voitures étaient avant tout des Alpine avant d'être des Renault, Renault servant avant tout de fournir une bande d'organes pour la motorisation et l'accastillage intérieur.
J'applaudis donc à ce revirement de l'histoire, la nouvelle appellation Alpine F1 symbolisant (j'espère !) que le développement de la marque de Dieppe reste d'actualité et bien placé dans la stratégie de Renault et de son nouveau patron Luca de Meo.
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par John Luke
#454135
Certes, Luca de Meo a compris également que le destin de notre marque de sport
avait été entravé par l' encombrant logo losange imposé à la place du " A " fléché .
N' oublions pas pour autant qu' Alpine n' aurait pas existé sans Renault !
Je trouvais normal que le dessus du moteur d' A610 ait été marqué du losange Renault sur sa partie supérieure .

Fiat n' avait pas imposé son logo à Ferrari et les dirigeants Renault auraient du comprendre
cela quand ils ont acheté Alpine !

Mais le temps a bien passé pour les alpinistes qui boudaient la descendance de leur modèle
fétiche A110 et les pensées qui restent semblent en émouvoir un bon nombre désormais !

La direction a tiré les leçons du passé pour aller vraiment de l' avant pour les nouveaux
modèles de série et de compétition .

Vivement que l' on découvre déjà les nouvelles monoplaces Alpine en F1 en tout cas .
Je suis sûr que le succès sera au rendez vous car les monoplaces actuels RENAULT
sont très compétitifs !
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par PhL
#454542
Voici la suite du commentaire de Joël Favé Lesage.

"Je réponds aux 2 citations de Jacques Cheinisse mentionnées pertinemment par Vic sur le FAR :

Le premier commentaire de Jacques Cheinisse illustre jusqu'à la caricature mon propos : que Renault instaure à grands frais une entité concurrente d'Alpine (qui lui a apporté tant de succès en compétition) avec des R8 Gordini en alu et pour finir avec ....des berlinettes, le tout sans succès, est totalement surréaliste.
Que les patrons de Renault aient décidé ça (ou laissé faire) était aussi stupide qu'indigne.
Cela montre quelle considération Renault avait pour Alpine et Jean Rédélé et illustre, là aussi jusqu'à la caricature, les 2 grands défauts français : la jalousie (De Gaulle a dit : l'envie est notre tare nationale) et l'incapacité à s'unir et à travailler ensemble pour atteindre un but commun.

Pour la deuxième citation de Jacques Cheinisse (pour lequel j'ai le plus grand respect, à la fois pour ce qu'il a réalisé chez Alpine mais aussi chez Renault, c'est quelqu'un d'exceptionnel), je le trouve bien indulgent (du fait du passage prolongé chez Renault ?).
Prétendre que les flops à répétition des modèles qui ont succédé à la A 310, ne provenaient que de quelques manquements mineurs, notamment pour ce qui était du marketing et aussi du fait que ces voitures avaient été éreintées par les journalistes, ne me paraît pas correspondre à la dure réalité, nonobstant les lourds (et infructueux) investissements réalisés par Renault.

En premier lieu, ces voitures étaient moches (Raymond Loewy a dit : la laideur se vend mal...) et incomparablement moins "sexy" qu'une berlinette ou qu'une 911
En second lieu, le moteur PRV était un moteur mal né, pas très "sexy" non plus, puisqu'il s'agissait d'un V8 tronqué (qui devait équiper la R 30, la 604 et je ne sais plus quel char d'assaut chez Volvo, avant la crise de 1973) pas vraiment équilibré (jusqu'à sa refonte)
Enfin quand on se mettait au volant et qu'on se trouvait en face d'un tableau de bord psychédélique (Renault a toujours cru qu'il pourrait dicter au client ce qui devait lui plaire), la messe était dite même si les qualités routières étaient bonnes ...
Je ne parle même pas de la qualité des intérieurs, fiasco courant chez Renault.
A l'époque j'ai été tenté par l'achat d'une Alpine mais après avoir comparé et essayé...j'ai finalement acheté une Carrera 4 (à regret car je n'oublie jamais le lourd passé nazi de Ferdinand Porsche)
Quand on sortait d'une Alpine pour s'asseoir dans une Porsche, il n'y avait vraiment pas photo..."